Commentaire de marché

31/08/2018





Aux Etats-Unis, le marché actions a continué sur sa lancée, se retrouvant à son plus haut historique et battant également un record de durée de période de hausse. AInsi, le S&P 500 s'est adjugé 3,03 % sur le mois. Ce qui est clair, c'est qu'outre-Atlantique, les fondamentaux sont très robustes et que l'économie est accompagnée par la politique fiscale de Donald Trump. La croissance du PIB a de son côté atteint 4,2 % au deuxième trimestre ce qui est sa plus forte croissance depuis près de 4 ans. De plus, la publication des indices de confiance manufacturiers laisse augurer d'un troisième trimestre également solide. Au niveau des entreprises, là aussi, tout va bien puisque nous avons assisté à une progression des résultats de près de 25 % au deuxième trimestre. Cette profitabilité s'explique essentiellement par le contexte de croissance robuste et de salaires relativement atones. Il est vrai que la progression des indices actions peut donner le tournis et faire peur. Mais si, au lieu de juste considérer les prix des actions, on observe le ratio P/E qui divise le prix des actions par les revenus des entreprises, on retrouve des niveaux de valorisation certes élevés mais beaucoup moins inquiétants.

Partout ailleurs, c'est plus compliqué. Ainsi, la situation en Europe est beaucoup plus contrastée. Les chiffres de croissance restent bien orientés mais ils sont beaucoup plus modestes. De plus, l'Europe manque de très grands acteurs technologiques, entreprises qui tirent le marché actions américain vers le haut. A côté de ce bilan plus tempéré mais néanmoins positif, c'est surtout le risque politique qui affecte le sentiment de marché sur les actions européennes. Les craintes d'un dérapage budgétaire en Italie ont ainsi affecté l'Europe du Sud et le secteur bancaire alors que les menaces de guerre commerciale et leur potentiel impact sur l'économie chinoise affectent les entreprises exportatrices et notamment les entreprises du luxe. Dans ce contexte, l'indice Euro Stoxx 50 a perdu -3,76 % au cours du mois.

Enfin, c'est au niveau des marchés émergents que la situation a été la plus dure. Si l'indice global MSCI Emerging Markets n'affiche un recul que de -2,90 % (soit une baisse plus faible qu'en Europe), la situation est individuellement beaucoup plus préoccupante dans certains pays. Par exemple, l'Amérique Latine a perdu -9 %, la Turquie -28 %, la Russie - 6 %... La situation n'est pas nouvelle et nous avons tous en tête que les marchés émergents souffrent de la vigueur du dollar et de la réduction de la liquidité mondiale avec la fin progressive de l'action des banques centrales.



Les investisseurs ont peur du grain de sable qui viendra enrayer la croissance mondiale. Est-ce qu'il viendra d'Europe, des marchés émergents, des Etats-Unis via le retour du protectionnisme ? Et s'il n'y avait pas de grain de sable finalement ? En tout cas, les investisseurs pouvant être qualifiés d'arénaphobes (l'arénaphobie est la phobie du sable), il faudra certainement être réactifs dans les mois qui viennent ...