Commentaire de marché

11/01/2019

2018 aura donc été la pire année sur les marchés financiers depuis la grande crise de 2008.
En effet, la performance a été uniformément négative, non seulement sur les actions mais aussi sur l'ensemble des classes d'actifs et c'est bien l'absence de valeurs refuges qui a particulièrement fait souffrir les portefeuilles diversifiés.

Si on chercher à résumer l'année, on peut la diviser en trois périodes :

Jusqu'au 26 janvier, les marchés actions continuaient leur envolée à un rythme de croissance très largement supérieur au potentiel notamment tiré par les larges baisses d'impôts aux Etats-Unis. Puis, le risque d'une accélération plus importante que prévue des salaires et donc de l'inflation a été le point de départ d'un violent ajustement des marchés.

Jusqu'à la mi-novembre, le reste de l'année a ensuite été marqué par une divergence notable entre les Etats-UNis dont les marchés actions progressaient nettement, portés par la croissance et les résultats des entreprises, et le reste du monde. En revanche, la hausse des taux américains et le raffermissement du dollar ont très fortement pesé sur les marchés émergents et l'Europe a été pénalisée par un tassement de l'activité et par la résurgence d'incertitudes politiques avec le débat autour du Brexit et les risque de dérapages budgétaires en Italie et en France.

A partir de la mi-novembre toutefois, la surperformance américaine a brutalement pris fin. Quelques indicateurs économiques, notamment dans le secteur immobilier ou manufacturier se sont tassés, et les craintes d'un enlisement du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine ont pesé sur le sentiment des investisseurs, qui se sont brutalement détournés des valeurs technologiques. Par ailleurs, l'inversion de la courbe des taux sur sa partie 2-5 ans a alimenté les craintes d'une récession en 2019. Les actions américaines ont ainsi rejoint les autres indices mondiaux, reculant de plus de 15 % en trois semaines.



"La fatalité veut que l'on prenne toujours les bonnes résolutions trop tard" disait Oscar Wilde. Alors, en ce début d'année, justement propice aux bonnes résolutions, que pouvons-nous attendre pour 2019 ?

Si la baisse des marchés actions a rendu certains marchés plus attrayants en termes de valorisations, il nous paraît néanmoins difficile d'être complètement optimiste. Même si les craintes d'une récession aux Etats-Unis peuvent paraître exagérées à ce stade, les indicateurs économiques devraient marquer le pas au cours du premier trimestre. De plus, l'incertitude devrait rester importante pour les entreprises jusqu'au 1er mars, date butoir pour les discussions entre les Etats-Unis et la Chine. Ailleurs dans le monde, la croissance marque le pas : en Chine, des mesures de relance additionnelles seront nécessaires pour atténuer le ralentissement ; et en Europe, l'Italie et la France sont à la traîne alors que le Brexit pèse sur le Royaume-Uni.