Commentaire de marché

14/08/2019

En tout cas, les investisseurs se sont laissés un temps de réflexion, traduisant un certain doute et sont restés suspendus aux décisions des banques centrales qui se sont tenus en fin de mois. Dans ce contexte attentiste, les indices actions mondiaux ont affiché une légère progression (+0,42 % pour le MSCI World). Cette progression masque néanmoins des disparités régionales, avec une forte surperformance du marché américain (+1,3 % pour le S&P500 contre -0,2 % pour l'Eurostoxx et -1,5 % pour le MSCI émergent).

La surperformance du marché américain s'explique par la divergence des statistiques économiques. En effet, aux Etats-Unis, les indicateurs ont, pour l'essentiel, surpris à la hausse. L'ISM manufacturier est sorti au-dessus des attentes et le rapport empli a fait état de 224 000 créations de postes en juin, bien au-delà des 160 000 attendus. La saison des résultats est restée elle aussi bien orientée, avec des surprises positives. En revanche, en Europe, les données ont été moins porteuses, notamment en Allemagne, qui reste tirée vers le bas par la récession affectant son secteur manufacturier.

Le découplage de la conjoncture entre les Etats-Unis et l'Europe a par ailleurs eu un impact sur le marché obligataire. En effet, alors que les taux longs remontaient légèrement aux Etats-Unis, provoquant une faible baisse de la valeur des obligations américaines, ils ont poursuivi leur mouvement baissier en Europe. Le taux à 10 ans allemand s'est ainsi rapproché de -0,45 %. Les marchés obligataires européens ont en effet été portés par le ton très conciliant de la Banque Centrale Européenne puisque celle-ci a quasiment préannoncé une baisse des taux à la rentrée et n'a pas fermé la porte à une reprise de sa politique d'achat non conventionnelle appelée "quantitative easing".

L'environnement de marchés est donc resté caractérisé par une croissance mondiale modeste, voire s'essoufflant légèrement, l'Europe étant particulièrement à la traîne. Tout ceci se reflète dans les profits des entreprises qui, certes surprennent à la hausse (+5,6 % sur les résultats pour les 75 % d'entreprises du S&P500 ayant publié et +3,8 % pour celles de l'Eurostoxx 600), mais cette impression est essentiellement du fait de la nette révision à la baisse des attentes. Les ventes toutefois sont moins dynamiques, ce qui semble bien refléter un léger tassement de l'activité. Si les actifs risqués restent bien orientés - qu'il s'agisse des marchés actions ou du crédit entreprise - c'est donc essentiellement grâce aux banques centrales particulièrement accommodantes, le niveau extrêmement bas des taux poussant les investisseurs à chercher du rendement supplémentaire.

Le mois de juillet aura donc été un mois de doute mais, comme le disait Léonard de Vinci, "qui ne doute pas acquiert peu" ...