Commentaire de marché

07/08/2017


La morosité est restée de mise sur les marchés financiers européens en ce
début d’été. Le CAC 40 a ainsi reculé de 0,5 % sur le mois, alors que
l’Eurostoxx 600 a perdu 0,4 %. En revanche, les marchés américains se
sont nettement mieux tenus, se maintenant à des niveaux proches de leurs
points hauts historiques. Il en va de même pour les actions émergentes,
qui ont affiché des gains de près de 4,4 %. La sous-performance marquée
des marchés européens interpelle évidemment d’autant plus que tous les
signaux ayant trait à la croissance économique sont allumés et au vert.
Le premier facteur qui nous semble avoir pesé est l’appréciation de la
devise européenne. Contre le dollar, l’euro a renoué avec les plus hauts
touchés en 2015. Ceci a bien évidemment tendance à grever les bénéfices
des entreprises exportatrices. Ensuite, la saison des résultats est
moins porteuse qu’au premier trimestre. A la fin juillet, 56 % des
entreprises ayant publié ont surpris à la hausse, en ligne avec la
moyenne historique, mais très en deçà des 66 % enregistrés au premier
trimestre. Finalement, les craintes d’un resserrement monétaire
prématuré de la part de la BCE ont poussé les taux longs à la hausse (+8
points de base sur le Bund allemand), réduisant l’attractivité relative
des actions face aux obligations. Au total, depuis les points hauts
atteints au mois de mai, l’Eurostoxx 600 s’est replié de près de 5 %.


La sous-performance des actifs européens pourrait toutefois ne pas
perdurer. L’euro s’est certes apprécié, mais il est difficile de voir la
devise européenne aller au-delà de 1,20 USD. La croissance américaine
reste forte, comme le montrent les chiffres du deuxième trimestre, et
même si l’inflation est à la traîne, cela n’empêchera pas la réserve
fédérale américaine de réduire son bilan à la rentrée, ce qui devrait
creuser l’écart de taux entre les deux régions. Par ailleurs, le dollar a
souffert des atermoiements du Sénat américain sur la réforme de
l’Obamacare, et il est difficile de voir la situation politique se
dégrader encore davantage. En particulier, il semblerait que les
discussions sur la réforme fiscale puissent être déconnectées de celles
de la réforme de l’assurance maladie. En ce qui concerne la santé des
entreprises européennes, certes les résultats ont en partie déçu, mais
il faut dire que les attentes étaient très fortes. Les bénéfices par
action des entreprises restent en revanche très bien orientés, en
progression de 16 % sur un an. Finalement, les banques centrales
mondiales ont été très claires cet été : si la normalisation est
engagée, elle restera très prudente et ne devrait donc pas avoir
d’impact négatif majeur sur les actifs risqués.