Commentaire de marché

06/09/2019

Le mois d'août, comme bien souvent, a été un mois très chahuté sur les marchés actions. Le comportement des marchés a été typique de ce que nous appelons un marché "risk-off" c'est-à-dire un marché sur lequel les investisseurs revendent leurs actifs risqués, comme les actions, pour se replier vers les obligations considérées comme moins risquées. Ainsi, finalement, le S&P500 a perdu -0,56 % et l'Eurostoxx50 -1,16 %. Néanmoins, ces chiffres mensuels qui peuvent paraître modestes masquent la tension du début de mois puisque ces deux indices ont perdu au cours de la première semaine plus de 5 %. En parallèle, les taux ont continué de baisser les taux 10 ans américains perdant -0,52 % au cours du mois pour finir à 1,5 % et les taux allemands perdant -0,26 % pour s'établir à 0,70 %.

Une nouvelle fois, c'est Donald Trump qui a créé cette tension en mettant la pression à la fois sur la Chine et sur la banque centrale américaine. Ainsi, le président américain a de nouveau critiqué ouvertement la Chine et annoncé de nouvelles taxes de 10 % sur 300 milliards de dollars de produits chinois à partir du 1er septembre et a demandé aux entreprises américaines de se préparer à ne plus travailler depuis la Chine et à relocaliser leur production. Soufflant le chaud et le froid, le président américain a ensuite décalé une partie de ces taxes au 15 décembre afin de ne pas impacter le consommateur américain pour ses achats de fin d'année. En ce qui concerne la politique monétaire américaine, c'est le ton des "minutes" de la Fed, traduisant les discussions entre les participants de la banque centrale ne parvienne pas à soutenir l'économie américaine.

En Europe, non plus, la situation n'a pas été des plus calmes. Le Brexit a continué d'alimenter un feuilleton qui n'en finit pas avec la volonté de Boris Johnson de renégocier le "filet de sécurité irlandais", ce qui a été directement écarté par l'Union Européenne. Le Premier Ministre britannique a ensuite décidé de fermer le parlement avant la date butoir du Brexit du 31 octobre afin de ne pas être perturbé dans ses "négociations" et de réduire les risques d'empêchement d'une sortie sans accord. En Italie, le gouvernement de coalition a été dissous par Salvini avec la volonté de déclencher de nouvelles élections ce qui génère de nouvelles incertitudes et laisser redouter que l'Italie ne puisse pas suffisamment travailler son budget qui doit être construit pour le mois d'octobre. Enfin, l'Allemagne, touchée par les risques de ralentissement des échanges commerciaux, a continué de montrer des signes de faiblesse concernant sa production et ses exportations et semble ainsi au bord de la récession.

En bref, les raisons de s'inquiéter n'ont une nouvelle fois pas manqué durant le mois. Ce qui est sûr, c'est qu'avec les taux si bas et qui semblent installés durablement en territoire négatif, nous sommes réellement entrée dans un monde inconnu dans lequel même les entreprises peuvent s'endetter à taux négatif. Nous repenserons donc à la citation de Paul Valéry : "On se réfugie dans ce qu'on ignore. On s'y cache ce qu'on sait. L'inconnu est l'espoir de l'espoir". Gardons espoir, donc.