Commentaire de marché

08/07/2020


Si l’on observe uniquement la performance des actifs, le mois de juin ressemble beaucoup au mois de mai. Ainsi le MSCI World en Euro a progressé de +1.19% et le S&P 500 (en euro également) de +0,53%. Une nouvelle fois, les marchés européens ont fait largement mieux, avec une hausse de +6,03% de l’indice Euro Stoxx 50 au cours du mois de juin. Après la pause du mois précédent, les marchés émergents rebondissent, avec une performance en Euro de +5.58%. Dans le même temps les obligations européennes de maturité 10-15 ans ont également progressé de +1.37%, les obligations européennes liées à l’inflation de +2.26% et les obligations d’entreprises à haut rendement de +1.75%. Une nouvelle fois, cette hausse généralisée des actifs financiers, à la fois des actions et des obligations souveraines traduit bien l’effet du soutien sans précédent des banques centrales.

Pourtant certains signes pourraient inquiéter les marchés financiers. En effet, au moment où l’économie américaine montre de beaux signes de reprise, l’épidémie semble repartir de plus belle et pourrait désormais de nouveau être hors de contrôle dans de nombreux Etats américains. Or, même si les marchés américains ont nettement moins progressé que les marchés européens et semblent évoluer entre deux bornes, pas de signe de panique à l’horizon. « Cœur insouciant vit longtemps » disait Shakespeare.

Ainsi, les investisseurs ont préféré se focaliser sur les chiffres économiques. L’indicateur des surprises économiques a en effet très fortement rebondi, le redémarrage progressif de l’économie mondiale se reflétant dans les statistiques d'’activité qui n’ont cessé de surprendre à la hausse. Partout dans le monde, les données d’enquête et de confiance se sont améliorées. Aux Etats-Unis en particulier, les créations d’emploi ont très largement dépassé les attentes avec plus de 2,5 MN de nouveaux postes en mai, et le chômage a commencé à refluer (13.3% contre près de 19% attendu). En Chine, la production industrielle n’est plus que 2.8% inférieure au niveau d'il y a un an alors que les profits s’inscrivent même en croissance (+6% en glissement annuel). Ce rebond de l’activité pourrait se retrouver lors de la saison de publication des résultats qui débute mi-juillet aux Etats-Unis. Simultanément, cette accélération de l’activité n’a pas pesé sur les taux, qui sont restés quasiment stables sur la période.

Le rebond des indicateurs économiques est certes rassurant, mais il ne doit toutefois pas être confondu avec une reprise en « V », qui ramènerait
rapidement l’économie à des niveaux pré-confinement
. Que l’économie accélère en sortant d’une hibernation forcée, cela ne devrait pas être surprenant. En revanche, la question d’un impact structurel de cette crise nous semble être loin d’être tranchée. L’endettement des Etats et des entreprises a bondi, cela aura nécessairement des effets contraignants sur la croissance à plus long terme. De même, les annonces de restructuration dans les grandes entreprises (Airbus est le dernier exemple en date) soulignent que l’emploi ne sortira pas indemne de cette crise.