Commentaire de marché

09/10/2017



Le mois de septembre est
traditionnellement le mois des banques centrales avec toujours en ligne de mire
la fin des politiques monétaires accommodantes aux États-Unis et en Europe, et l’inquiétude
qui en résulte sur la manière dont les différents gouverneurs vont gérer cette
phase délicate. Pour une fois, c’est l’Europe qui ouvrait le bal sur fond de
signaux macro-économiques toujours aussi bons. Néanmoins Mario Draghi a choisi de
conserver un discours très mesuré, insistant sur la force relative de l’euro
par rapport au dollar. Les annonces de « tapering », c'est-à-dire de ralentissement
de la politique de relance de l’économie, ont donc été repoussées au moins
jusqu’à la prochaine réunion à savoir le 26 octobre. On peut ainsi noter, qu’après
6 mois consécutifs de baisse, le dollar s’est enfin retourné après avoir
franchi le seuil de 1,20 dollar pour un euro, seuil qui n’avait pas été atteint
depuis janvier 2015. Cette baisse de l’euro favorise mécaniquement les
entreprises européennes exportatrices et soutient les marchés actions
européens.



La banque centrale américaine a
été moins timide et a insisté sur le fait que l’économie américaine était en
pleine forme et au-dessus de son potentiel de long terme. Elle a ainsi annoncé un
plan de réduction de son bilan qui devrait déboucher sur une disparition des
actifs achetés dans le cadre du dernier plan de relance de l’économie d’ici 5
ans.



La Banque du Japon a, quant à
elle, fait cavalier seul en réaffirmant sa volonté de maintenir les taux bas.
Au niveau politique, l’incertitude grandit car le Premier Ministre Shinzo Abe,
confiant sur sa réélection, a organisé des élections anticipées le 22 octobre.
Malheureusement pour lui, les choses se passant rarement comme prévu au niveau
politique ces derniers temps, il se retrouve
confronté à une opposition beaucoup plus forte que prévue en la personne de la
gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike. A ce stade, il est encore trop tôt pour
analyser les impacts potentiels que pourrait avoir sur les marchés financiers
un changement de majorité au Japon.


Le dernier élément
important du mois a certainement été la continuité des tensions entre Donald
Trump et Pyongyang. Si aucun signe d’apaisement n’est visible entre les deux
dirigeants, les marchés semblent s’être détendus sur le sujet et ne réagissent
même plus à l’annonce d’un passage de missile nord-coréen au-dessus du Japon.
Peut-être est-ce la traduction d’une confiance dans le fait qu’une solution
diplomatique sera nécessairement trouvée in fine et que nous ne sommes en fait
que dans un jeu d’intimidation réciproque car, comme le disait Bismarck, « La diplomatie sans les armes, c’est
la musique sans les instruments ».